David Dadunashvili, le pilier du rugby géorgien

 Rugby  Beauvais Rugby Club   | Publié le par Alex

Le première ligne du Beauvais Rugby Club est entré dans l'histoire de son pays en inscrivant le premier essai de l'équipe de Géorgie en Coupe du Monde un jour d'octobre 2003. Dans ses dernières années rugbystiques, l'ancien international géorgien de 39 ans au CV bien fourni a derrière lui une carrière bien remplie après notamment vingt années passées dans le championnat de France.

C’est dans la ville de Koutaïssi dont il est originaire, que David Dadunashvili a fait ses premières armes avec un ballon ovale, dans une Géorgie nouvellement indépendante après l’éclatement de l’ex-URSS en 1991. "J’ai commencé le rugby dans le club d'Aïa grâce à un ami qui était dans mon école et ça m’a plu se souvient le solide géorgien d’1,84 m pour 110 kilos, capable d'évoluer au poste de pilier et de talonneur. A l’époque, on ne connaissait pas vraiment le rugby. Les clubs n’avaient pas de budget et on s’entraînait sur un terrain où il n'y avait pas de pelouse..."


Pionnier du rugby géorgien en France, David Dadunashvili a fait partie de la première vague de joueurs arrivant dans notre championnat à l’orée des années 2000, par l’intermédiaire de l’entraîneur français Claude Saurel, à l’époque sélectionneur de la Géorgie. "J’ai commencé à Martigues Port de Bouc, lorsque je suis arrivé en France en 2000, une de mes plus belles années ici. On ne parlait pas un mot de français ni d’anglais, on parlait avec les mains, la tête, les pieds ! se remémore Dadunashvili. C'est un club où j’ai toujours des amis aujourd’hui."


Quelques années plus tard en 2003, le géorgien découvrira la Coupe du Monde de rugby en Australie - "un souvenir extraordinaire" - en même temps que sa sélection, qualifiée pour la première fois pour cet évènement planétaire. Le 12 octobre 2003, la Géorgie affronte l’Angleterre dans une rencontre historique pour les Lelos, surnom donné aux rugbymen géorgiens (du nom de l'ancêtre local du rugby qui signifie également "essai" en géorgien). "C’était énorme de jouer contre une grosse équipe et des joueurs comme Jonny Wilkinson ou Dallaglio que tu vois à la télé" avoue Dadunashvili malgré la lourde défaite des siens (6-84) pour leurs débuts dans la cour des grands. 


Une compétition mémorable qui le deviendra un peu plus neuf jours plus tard lors du troisième match de poule contre l’Afrique du Sud (défaite 16-49) où David Dadunashvili inscrit le premier essai de l’histoire de son pays en Coupe du Monde. "J’avais 21 ans, sur le coup je ne me rends pas compte que j’ai écrit le premier essai de l'histoire de la Géorgie et ensuite je vois tout le monde me voir, me féliciter, c’est une grosse fierté pour moi admet le géorgien qui n’oublie pas de rendre hommage à ses coéquipiers. "Avant moi, il y a des mecs qui se sont qualifiés pour la Coupe du Monde, moi j'ai été sélectionné après rappelle modeste l’actuel joueur du BRC. Eux aussi ont marqué l’histoire."


Convoqué à 41 reprises (pour 12 essais inscrits) en sélection, le première ligne géorgien a également eu les honneurs en 2010 d’être reçu et décoré au palais présidentiel de Tbilissi par le président de l’époque Mikheil Saakachvili, au lendemain d’une victoire 36 à 8 contre la Russie dans le Tournoi des 6 Nations B. Quelques mois après un conflit qui avait opposé la Russie et la Géorgie en 2008, la rencontre avait été délocalisée à Trabzon en Turquie, signe des tensions politiques qui régnaient alors entre les deux pays. "Le peuple était tellement heureux de cette victoire. Pour tous les géorgiens, ce succès était très important."


Aujourd’hui en fin de carrière après vingt années passées en France principalement en Pro D2 et en Fédérale 1 (avec des passages à Massy, Tarbes, Nîmes ou encore Périgueux) et trois au service du Beauvais Rugby Club, David Dadunashvili évoque avec fierté l’empreinte laissée aujourd’hui par la diaspora géorgienne dans le rugby français. "On a montré ce qu’on valait, surtout devant. Beaucoup de géorgiens jouent en première ligne en France. On incarne des valeurs de combat qui sont inscrites dans nos gènes, dans notre culture."


Jeu de mains, jeu de géorgiens.