Philippe Vibert entre satisfaction et inquiétude

| Publié le par Bellovaque

Philippe Vibert, adjoint au sport - équipement sportifs municipaux et relations avec les associations sportives, a répondu à nos questions pour évoquer les différentes montées enregistrées par les clubs de la ville, entre satisfaction et inquiétude en raison de la situation actuelle. 

La ville de Beauvais connaît une saison sportive réussie, avec pas moins de quatre accessions dans des divisions nationales, on imagine votre satisfaction ?
On est très satisfaits forcément, et en même temps pas vraiment surpris. Pour l'ASBO, le BRC et le BOUC Volley, c'est le fruit d'un gros travail des clubs dans leur ensemble et des politiques sportives qui sont menées. L'ASBO et le BOUC ont effectué de gros efforts pour se restructurer. Ils sont repartis d'une page blanche, afin de remettre tout à plat et de repartir sur de nouvelles bases, ce qui n'était pas simple. Le BRC de son côté se construit petit à petit. C'est une vraie satisfaction pour la ville de voir ces trois clubs, auxquels on peut ajouter les Pansards qui accèdent à la Nationale 3, monter ou remonter dans une division nationale. C'est une juste récompense, on pressentait de toute façon que ces clubs là allaient jouer la montée. C'était de plus, l'ambition fixée.


"On est une ville sportive, on veut voir nos clubs réussir"


Ces montées vont engendrer des frais pour la Municipalité, qui doit accompagner les clubs dans un contexte très particulier, la crise sanitaire entraîne une inévitable crise économique. C'est un casse-tête pour la ville ?
On avait échangé en novembre/décembre sur le sujet, parce qu'on pensait que les trois clubs pourraient monter, on pensait même également au BBCO. On l'avait envisagé. On est une ville sportive, on veut voir nos clubs réussir surtout qu'ils participent au rayonnement de la collectivité. On savait que ce serait forcément compliqué, mais là, on va dire que le logiciel est complètement nouveau. On est dans l'incertitude concernant le budget de la ville. Cette crise sanitaire engendre une crise économique, c'est une situation jamais vécue, on n'a pas de recul. 

Dès la sortie du confinement, il faudra travailler rapidement. Des études sont déjà menées, mais on ne connaît pas l'avenir. J'ai échangé avec les présidents des clubs, il y a d'un côté le soutien de la ville, mais il y a également celui des partenaires privés. On avait œuvré d'ailleurs pour que les clubs aient davantage de visibilité, parce que l'on savait que la collectivité avait moins de capacité financière à accompagner les clubs suite à la baisse des dotations du gouvernement envers les villes. On avait donc fait le choix d'investir sur des équipements pour donner plus de visibilité aux associations et qu'elles puissent devenir plus autonomes au niveau des partenaires privés. On sait aujourd'hui que par rapport à la situation, les partenaires privés sont aussi en difficulté et on craint qu'ils ne puissent accompagner dans la même mesure les clubs de Beauvais. 

C'est un casse-tête, je suis forcément inquiet. Ça ne reste que du sport, mais je suis inquiet. On sait que l'objectif du BRC était d'accéder à la Fédérale 1 et de s'y maintenir. Pour l'ASBO, il y a la volonté de retrouver le professionnalisme et la Ligue 2 dans les prochaines années, même chose pour le BOUC Volley, on se pose (ndlr : la collectivité et les clubs) la question de savoir quelles seront les capacités à monter des budgets, de passer devant les différents organismes de contrôle des budgets. Il y a une vraie incertitude. Le niveau national va être fortement impacté, aucun club ne devrait y échapper. La plupart des clubs vont devoir revoir leur budget à la baisse. Tout le monde est logé à la même enseigne. De notre côté, on va accompagner au mieux nos clubs.