Romain Elie : "J'espère finir ma carrière à l'ASBO"

 Football  Association Sportive Beauvais Oise   | Publié le par Alex

A 35 ans, Romain Elie s’est fixé un nouveau défi en rejoignant cette année l’ASBO. Le défenseur central est revenu avec nous sur sa carrière et sur son avenir à Beauvais.

Vous revenez à Beauvais dans la ville où vous êtes né et dans le club où vous avez été formé, qu’est-ce que cela représente pour vous ?

C’est une satisfaction et aussi un peu une « revanche » personnelle car je n’avais pas pu jouer en pro à Beauvais au début de ma carrière. C’était un objectif de longue date en tout cas et il se réalise aujourd’hui.

J’ai une belle carrière derrière moi mais la vérité d’aujourd’hui n’est pas celle de demain comme on dit. Il faut toujours prouver sa valeur sur le terrain. Avec l'ASBO, j’espère en tout cas apporter mon esprit de compétiteur et mon expérience aux jeunes joueurs qui vont m’entourer.


Qu'est ce qui vous a séduit dans le projet de l'ASBO ?

Je pense que c’est principalement pour le challenge que je suis venu ! A vrai dire à ce moment de ma carrière c’était maintenant ou jamais pour venir jouer à Beauvais. J’ai connu un passage à vide en National l’an passé et j’avais déjà eu des contacts avec l’ASBO lors du dernier mercato d’hiver. Mais finalement j’ai rejoué avec Le Puy et fini la saison avec eux. 

A l’arrivée nous sommes descendus à l'issue de cette saison perturbée par l'épidémie de COVID-19. Mais très honnêtement même si nous nous étions maintenus, je serai tout de même parti pour rejoindre l’ASBO.


Vous avez 35 ans, vous envisagez de finir votre carrière de footballeur avec l’ASBO ?

Aujourd’hui à mon âge, c’est le moment idéal pour me poser et garder une stabilité notamment sur le plan familial et particulièrement pour mes enfants. Donc si tout se passe bien, j’espère vraiment finir ma carrière à Beauvais en effet. A l’heure actuelle, je pense tout de même avoir encore quelques années de football devant moi !

Pour l’après-football et ma reconversion, j’ai déjà investi dans l’immobilier. A côté de cela, j’ai également passé une formation d’analyste vidéo il y a peu. J’espère en tout cas garder des attaches à l’ASBO à l’issue de ma carrière, pourquoi pas en tant qu’adjoint ?



Plus tôt dans votre carrière, vous avez évolué plusieurs saisons à Arles-Avignon. A l’issue de la saison 2009/2010, vous entrevoyez la Ligue 1...

Nous avons fini troisième de Ligue 2 avec Arles-Avignon synonyme de montée en Ligue 1 cette année-là. Je me souviens qu’on nous promettait la dernière place au début du championnat ! A l’époque, j’avais notamment été élu meilleur arrière gauche de Ligue 2 à l’issue d’une belle saison sur le plan personnel.

Ensuite avec la Ligue 1 en ligne de mire, cela a été un peu la « kermesse » au sein du club...On a empilé des noms durant le mercato et ce fut un désastre sportif ensuite. Le club a d’ailleurs battu le record du plus petit nombre de points obtenus en Ligue 1.

Avant mon départ, j’ai notamment pu côtoyer Angelos Charisteas (NDLR : vainqueur de l’Euro 2004 avec la Grèce, l’attaquant grec n’inscrira aucun but en Ligue 1 en 7 apparitions), un type super humainement. Mais je me souviens qu’à son arrivée, il était incapable de cadrer un tir à l’entraînement ! (rires)

Tout cela s’inscrivait en tout cas dans un contexte très particulier, c’était le « bordel » pour parler franchement... J’ai eu très vite l’opportunité de partir en prêt à Charleroi d’autant que j’étais barré par d’anciens défenseurs espagnols du Real Madrid qui venaient d’arriver. 

Malheureusement je me suis blessé au genou au bout de quelques matches et j’ai vécu une saison quasi-blanche en Belgique. Avec le recul mon plus gros regret reste de ne pas avoir pu connaître la Ligue 1 cette saison-là avec Arles-Avignon...


Deux ans plus tard après une nouvelle saison en Ligue 2 avec Arles-Avignon, vous atterrissez en Bulgarie au Levski Sofia, le deuxième club le plus titré du pays.

C’est exact, par contre il vaut mieux ne pas dire aux fans du Levski que c’est le deuxième club du pays ! (rires) Côté supporters d’ailleurs, il y a une ferveur et une passion très importantes que l’on retrouve dans d’autres pays de l’Europe de l’Est ou en Grèce par exemple avec toujours de belles ambiances en tribune.

En tout cas, je garde de très bons souvenirs de cette expérience en Bulgarie. Niveau football, on y retrouve une philosophie de jeu et une mentalité différente de celles que l’on retrouve en France.

Là-bas, on peut dire que j’ai découvert un autre façon de voir le foot, je ne me disais jamais "ce soir Romain tu vas aller au duel et basta" . C’est un championnat où la technique et le jeu court est primordial et dans l’absolu, c’est vraiment plus plaisant à jouer. Même le dernier du championnat essayait de repartir proprement de son camp. Chez nous par exemple, je peux facilement comprendre les supporters qui trouvent régulièrement les matches « chiants » où ça défend souvent.

Toutefois, le niveau du championnat bulgare est extrêmement hétérogène et il n’y a que 4 ou 5 équipes qui ont à mon avis le niveau de la Ligue 1. 


Avec le Levski Sofia, vous jouez d’ailleurs votre premier match de Coupe d’Europe.

J’ai eu en effet l’occasion de disputer un match d’Europa League, une fierté pour moi. Et à côté de ça, le club a réalisé sa meilleure saison en 10 ans lors de cette saison 2012/2013. Malheureusement nous perdons tout dans les derniers jours de la saison en nous inclinant en finale de la Coupe de Bulgarie et en cédant la tête du championnat lors de la dernière journée.(NDLR : Le Levski Sofia terminera deuxième à 1 points du champion Ludogorets)

Si nous avions gagné le championnat, j’aurais connu la Ligue des Champions ! Et j’aurais évidemment signé une année supplémentaire pour connaître cette aventure.


Pour finir, avez-vous été touché par l’hommage très élogieux posté sur le site de votre ancienne équipe du Puy ?

C’est en effet un message qui m’a beaucoup marqué. J’ai passé quatre années formidables au Puy avec notamment l’accession au championnat de National lors de la saison 2018-2019.

Humainement, c’était une expérience formidable, je me suis épanoui là-bas. Ce genre d’hommage, c’est une récompense pour le travail accompli, un trophée individuel en quelque sorte même si le beau parcours du Puy reste avant tout une œuvre collective.

J’espère pouvoir laisser le même souvenir à l’ASBO en apportant mon expérience pour remettre le club sur le devant de la scène dans les prochaines années avec mes coéquipiers.

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