[ITW - Partie 2] Sylvain Reghem : "On veut retrouver une identité"

 Football  Association Sportive Beauvais Oise   | Publié le par Bellovaque

Co-président de l'AS Beauvais Oise, Sylvain Reghem nous a accordé une longue interview à la mi-saison. Dans la première partie, nous revenions longuement sur le sportif. Dans ce second chapitre, il est question du volet financier ainsi que de la politique sportive mise en place par les nouveaux dirigeants.  

Le club a connu des passages compliqués sur le plan financier au cours des dernières années. Quelle est la situation aujourd’hui et à combien s’élève le budget de l'ASBO ?
On a repris un club dans une situation financière qui n’était pas forcément catastrophique. Il y avait un bilan équilibré, mais avec des procès en cours avec le fisc et l’URSSAF que l’on récupère, malheureusement. La situation est plutôt saine, on a présenté un bilan positif sur la première saison, avoisinant les 5000€. Cette année, on a constitué un budget légèrement supérieur à celui de la saison précédente, on va osciller autour des 1.2M€ ! Avec une grosse partie de sponsors privés, que nous avons été cherchés Guillaume (NLDR: Godin) et moi avec les membres du comité directeur. Pour certains procès en cours, de l’argent est déjà provisionné. Des échéances vont donc arriver sur l’année 2020 et 2021. Même si nous venions à perdre ces procès, le club ne serait pas dans le rouge.

Plus précisément sur le volet financier, qu’elles sont les parts issues du privé et celles issues du public ?
Depuis notre arrivée, nous sommes allés chercher 700 000€ de sponsoring privé. On a une équipe composée de Guillaume Godin, de moi-même, de Cyril Reghem et de Xavier Bocquet qui allons chercher le maximum. Les subventions sont consultables, ça oscille donc globalement à 70/30.


"On savait que l’on prenait un chantier compliqué"


En arrivant au club, vous avez pris plusieurs semaines/mois pour effectuer un état des lieux, qu’est-il ressorti de cette analyse ?
On avait imaginé dans un premier temps prendre plus de temps pour analyser. Les choses se sont enchaînées plus vite que prévu.
La photographie elle a été simple, moi qui connaissait le club pour y avoir joué durant trois saisons. Il n’y avait plus rien qui ressemblait à cette époque. En dehors des finances, qui comme expliqué avant étaient plutôt correctes. Ce qui a changé c’est la culture, la culture de la gagne. Beaucoup de nos équipes jeunes ont perdu un niveau qui devrait être encore le leur aujourd’hui. C’est aussi le fait des descentes successives de l’équipe première qui n’a quasiment plus connu depuis dix ans un niveau national. Ce qui fait que les meilleurs jeunes de l’Oise se tournent vers Chambly, ce qui peut paraître légitime. On a pu constater également une déstructuration sociale du club, des éducateurs non diplômés qui œuvraient pour le club, une ambiance plutôt bizarre parce qu’on avait le sentiment qu’il y avait plusieurs clans dans ce club avec des gens tirant dans le sens de la direction, d’autres dans le sens de ceux contre la direction. Il n’y avait pas un esprit de sérénité et de cohésion. Mais on savait que l’on prenait un chantier compliqué, qu’il faudrait du temps pour justement ramener le club dans la sérénité. On parle beaucoup d’image, Guillaume et moi sommes beauvaisiens. On est nés ici, on a fréquenté les écoles de quartier, nos parents vivent encore ici, nos enfants etc… On voulait vraiment redonner une image correcte du club. Ne plus entendre trop de problématiques sur les jeunes, les bagarres, les menaces etc… même si malheureusement la première année, il y en a eu encore.
Depuis mars, avec un changement important opéré en passant Sébastien Dailly manager général, parce qu’il nous fallait vraiment un regard extérieur sur ce qui se passait en interne depuis de nombreuses années, ayant les diplômes et l’expérience, parce qu’il a côtoyé le centre de formation d’Amiens. Il nous fallait une véritable pédagogie au niveau des jeunes. Il a je pense formé une équipe d’éducateurs différente, dans l’état d’esprit en tout cas. Il est allé chercher deux trois éducateurs hors-sol qui ont amené un état d’esprit différent de ceux étant beauvaisiens. Dans le respect et le travail, il a formé une équipe intéressante. Après, on constate que les résultats ne sont pas forcément exceptionnels pour l'heure. Mais là-dessus, il faut se donner du temps. Ce que l’on voulait, c’est retrouver une identité, que nos jeunes sachent dire bonjour, merci, au revoir. Qu’ils sachent retirer une casquette pour dire bonjour et qu’on ait plus de problématique comme on a pu l’avoir précédemment. On est sur le bon chemin.


Quels sont les axes forts de votre politique de développement du club ?
Les axes forts globalement, c’était de se séparer des gens qui nuisaient au club. C’était un axe très très fort même, qui ne semblait pas se faire auparavant, puisque les problèmes se succédaient, se répétaient au fil des années. On parle bien là, d’un contexte général, pas simplement de l’équipe fanion.
Passer Sébastien Dailly manager général a été aussi un axe fort, imposer à nos éducateurs d’être diplômés où s’ils ne le sont pas, passer les diplômes. C’était hyper important.
On a augmenté les licences, il faut en parler. C’est une façon aussi de dire qu’à Beauvais, on ne veut pas forcément l’élitisme, mais des gens qui sont responsabilisés. Pour avoir des gens responsabilisés, il faut des éducateurs rémunérés à leur juste valeur par rapport aux diplômes. Ça a un coût. Cette augmentation a fait beaucoup de bruit, mais il faut savoir que pour ne pas faire n’importe quoi, on s’est basé sur ce qui se pratiquait dans les clubs de l’Oise. On a regardé Chambly, Compiègne, Chantilly, on a regardé des clubs qui ont une vitrine et ils pratiquent tous ce montant pour les jeunes et les séniors.

La gestion d’un club de football est conforme à ce que vous imaginiez ?
C’est beaucoup de travail. Je pense que cela dépend de l’investissement que l’on souhaite y mettre. Avec Guillaume Godin, on fait les choses à 100% ou on ne les fait pas. Je dirais que c’est conforme. On a la chance d’être entouré de quelques personnes s’investissant beaucoup. On a une secrétaire générale, Corinne Corillion qui nous aide énormément, il faut être clair et que l’on n’avait pas sur les premiers mois de notre première saison. Elle nous donne un gros coup de main sur le plan administratif. Parce qu’avec Guillaume Godin, nous avons également nos activités professionnelles qui nous prennent beaucoup de temps et la gestion d’un club à ce niveau-là c’est beaucoup d’administratif. On verra au terme de la saison si on est récompensés à la hauteur de notre investissement. Ce sont beaucoup d’investissements, de problématiques à gérer pour parfois trop peu de joies, mais c’est passionnant.

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