A Beauvais, le kendo a retrouvé sa voie

 Sports de combat  Ken Gaku Kan - Beauvais - Kendo   | Publié le par Alex

 D’abord présent dans les années 1990 à Beauvais, le kendo a ensuite disparu de la ville-préfecture au début des années 2000 pour réapparaître il y a 3 ans. Le président du KenGakuKan Beauvais Nazim Touarigt nous a présenté le club qui compte une douzaine de licenciés et la discipline du kendo, un art martial issu de la pratique ancestrale des samouraïs japonais.

En quelle année le club a t-il été créé à Beauvais ?

Il a été crée par un beauvaisien en 1993 et puis en 2001 ça s’est arrêté. Il y a 3 ans, j’ai recrée le club de KenGakuKan Beauvais en 2018, on a repris les statuts à zéro.


Pouvez-vous nous présenter cette discipline ?

Le kendo, c’est la voie du sabre. Ca découle directement de la pratique des samouraïs qui ont du essayer de redoubler d’ingéniosité pour créer un équipement qui leur permettait de s’entraîner sans se blesser.

Ils ont créé une armure qui ressemble aux armures de samouraïs sur les champs de bataille mais plus légère et un sabre en bambou qui permet d’absorber les chocs et qui permet de porter de réels assauts tout en étant en sécurité.


Comment se déroulent les assauts au kendo ?

Ce sont des combats de 5 minutes environ. On a des nouvelles règles à cause du COVID, en terme de rapprochement, on ne peut pas rester proche pendant très longtemps. Pour pouvoir avoir un point valide en kendo - en général, les combats se déroulent en deux points gagnants - il faut ce qu’on appelle l’harmonie entre le corps, le sabre et l’esprit. Il y a trois arbitres, et les arbitres jugent si la réunion de ces trois-choses là a été concrétisée par une frappe valable.

On crie les frappes que l’on fait, c’est en japonais. Si je vise la tête, il faut qu’au moment où mon corps se déplace et ma lame frappe avec la bonne partie - le côté tranchant sur la bonne cible - je crie "la tête" C’est une preuve que ce n’est pas du hasard et que mon corps, mon sabre et mon esprit ne font qu’un. Dans ce cas-là, je peux avoir un point. 


Au niveau des compétitions comment cela se passe t-il ? Et organisez-vous des compétitions à Beauvais ou ailleurs ?

Il y a pas mal de compétitions ouvertes auxquelles on participe ce qu’on appelle des Open en France. Il y a notamment l’Open de l’Oise et l’Open de Picardie proche de Beauvais. On a des gros clubs dans le coin notamment à Ressons sur Matz, à côté de Compiègne, dont le président est le président du comité national de Kendo. Le club organise des compétitions ouvertes et aussi les sélections régionales pour participer aux championnats de France. Nous à l’heure actuelle, nous n’organisons pas de compétitions.


Quel est le niveau global de la France dans cette discipline ?

 A l’heure actuelle, la France est championne d’Europe masculine individuel et par équipes. Il y avait environ 6 à 7 000 licenciés en France avant le COVID. 

Le Kendo est pratiqué surtout en région parisienne mais il y a également un très gros club à Lille qui existe depuis plusieurs décennies. Après c’est réparti dans toute la France, on trouve des clubs en Alsace, en Vendée, dans le Sud, du côté de Marseille… 


Quels sont les niveaux de pratiques que l'on peut retrouver dans le Kendo ?

Au niveau des entraînements, c’est quand même un sport qui a la particularité d’être sans catégorie de poids, même les catégories d’âges n’existent pas à partir de l’âge adulte. En général, plus on vieillit, plus on pratique et plus on acquiert de techniques et meilleur on est, même en perdant la vitesse et la vigueur de la jeunesse, on s’améliore toujours.

Pour les compétitions, ce n’est pas mixte, il y a des compétitions hommes et femmes. Et ensuite c’est par niveau de grade. A l’instar du judo, on a des ceintures, c’est calqué sur le même système, et à partir de la ceinture noire, on parle de dan.


On dit que cette discipline se rapproche de l’escrime, sport que l’on connaît mieux en France.

Je n’ai jamais pratiqué l’escrime (rires) mais je pense qu’il y a une différence fondamentale. Au Kendo, nous n’avons qu’une arme le sabre. On a un seul coup d’estoc qui est possible et les parties à toucher sont précises et bien déterminées. 


Est-ce que vous pensez qu’un jour votre discipline sera intégrée aux Jeux Olympiques ?

Moi personnellement, je n’espère pas (rires). Ca a été demandé par l’Europe (NDLR : première fédération continentale de Kendo) mais ça ne devrait pas se faire. A côté on a les championnats d'Europe qui amènent du monde et les championnats du Monde de Kendo qui commencent à être attractifs. Les derniers devaient d'ailleurs être organisés à Paris mais à cause du COVID, ça n’a pas eu lieu. 

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