Le jour où Beauvais a sauvé la vie de Vahid Halilhodžić

 Football  Association Sportive Beauvais Oise   | Publié le par Bellovaque

Premier épisode de la rubrique "dans le rétro" qui vous plongera dans le passé de la vie sportive de Beauvais. Aujourd'hui, nous revenons sur une histoire méconnue, qui a changé la vie d'un homme. 

Les amateurs de football le connaissent bien, Vahid Halilhodžić ou "coach Vahid" a même eu sa marionnette dans la célèbre émission satirique de Canal +, Les Guignols de l'Info.


Vahid Halilhodžić, c'est une belle carrière de joueur professionnel, avec un long passage à Nantes durant lequel il inscrira plus de 100 buts ! C'est aussi une riche carrière d'entraîneur, qui est toujours en cours et qui a débuté à Beauvais. un passage d'une saison loin d'être anodin pour le bosnien...

Nous sommes en 1993, la guerre fait rage en ex-Yougoslavie. Halilhodžić réside à Mostar, il est un musulman bosniaque célèbre, ce qui en fait la cible des Croates. Le 1er mai 1993, Bernard Quesnel, le Directeur général de l'ASBO téléphone à Vahid Halilhodžić pour lui proposer le poste d'entraîneur. La suite, c'est le technicien désormais âgé de 67 ans qui la raconte dans le France Football du 20 au 26 juillet 1993 :  


"Si le Milan AC ou Barcelone m'avait contacté, j'aurais quand même signé à Beauvais. Je suis sincère... Car si je n'avais pas répondu à l'offre de Beauvais, je serais certainement mort depuis deux mois. Le 1er mai dernier, M. Bernard Quesnel me téléphone vers 23 heures à Zagreb, où je suis de passage. Il me demande si la place d'entraîneur m'intéresse. Sur le coup, je lui demande un délai de réflexion de dix jours. Il me dit qu'il lui faut une réponse beaucoup plus tôt et me pousse à rentrer rapidement en France. 


"Si le Milan AC ou Barcelone m'avait contacté, j'aurais quand même signé à Beauvais."


Je quitte mon domicile de Mostar le jeudi suivant, le 6 mai. J'arrive à Paris le 7. L'après-midi, je rencontre les dirigeants beauvaisiens. Leurs intentions et leurs propositions m'intéressent, mais je demande à réfléchir un peu. Cependant, je n'hésite pas longtemps. En appelant chez moi, j'apprends par mes beaux-parents que des Croates sont venus dans la maison le samedi matin en criant : "Où est Vahid ? Nous allons le tuer de nos mains." Si je n'avais pas avancé mon départ pour Paris, ils m'auraient tué... Ça s'est joué à un jour près ! Dire que je connais le Croate qui a envoyé ces gens chez moi. Avant, c'était un ami.

C'est pourquoi l'offre de Beauvais ressemble à un signe du destin. Depuis mon retour en Yougoslavie, en 1987, j'avais en tête de revenir en France, après avoir emmagasiné une expérience d'entraîneur. Mais, vu ce que je venais de vivre, ma femme m'a dit : "Vahid accepte ! Même si ce n'est pas une grande ville comme Paris". Comme moi et mes deux enfants, elle a la nostalgie de la vie en France. Nous avons passé six années inoubliables à Nantes et à Paris. Alors, comme en plus les structures du club de Beauvais m'ont satisfait, je ne pouvais refuser."

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