Milan-San Remo 2016 : Le jour de gloire d'Arnaud Démare

| Publié le par Alex

En 2016, le beauvaisien Arnaud Démare mettait fin à la disette des coureurs cyclistes français sur les monuments en faisant retentir la marseillaise sur la Via Roma. 21 ans après Laurent Jalabert, le coureur de la FDJ remportait la classique Milan San Remo en costaud après une course mouvementée de près de 300 kilomètres. Sur fond de soupçons de triche et de polémiques, l’après-course s'avérera tout aussi musclée.

Dimanche 20 mars 2016. Au lendemain de la belle victoire d’Arnaud Démare sur la Via Roma, une controverse éclate dans la Gazzetta dello Sport. Le quotidien sportif transalpin se fait l’écho de réclamations de la part de certains coureurs italiens.

"Démare est passé à 80 km/h dans la montée. Je n'avais jamais vu ça auparavant. J'étais dans la roue de Tosatto et je l'ai vu clairement. Démare était accroché sur la droite de la voiture de l'équipe. C'est une honte." déclare dans la Gazzetta Eros Capecchi, coureur de la formation Astana.

Des déclarations qui sèment le trouble d’autant que son compatriote Matteo Tosatto, coureur de Tinkoff abonde dans son sens : "Dans la montée, il roulait deux fois plus vite que nous. Je n'ai pas vu s'il était à la fenêtre de la voiture de l'équipe ou s'il a été remonté à l'aide d'un bidon. Bien sûr, il a été très fort lors du sprint. Mais sans cette aide, il n'aurait jamais gagné. Je n'ai jamais vu quelqu'un faire cela avec si peu de scrupule. Je l'ai vu et les coureurs qui étaient à ma hauteur l'ont vu aussi bien que moi."

Très vite, la polémique enfle et fait les choux gras de la presse. Du côté de la FDJ on essaie d’éteindre l’incendie. 

"Si j’avais fait quelque chose d’interdit j'aurais été mis hors course." tempère Démare dans les colonnes du journal L’Equipe.  

Sur Twitter, des internautes analysent également ces faits de courses grâce aux images de la réalisation italienne. On y voit notamment Démare remonter dans la file des voitures en profitant de l’aspiration des véhicules, sans visiblement profiter d’un abri trop prolongé, puis recoller au peloton au sommet de la Cipressa. Le coureur français publiera par la suite les données de son capteur de puissance pour prouver sa bonne foi.

Alerté par cette agitation, Hervé Brocque le commissaire de l’Union Cycliste Internationale (UCI),n’avait de toute façon pas souhaité donner suite aux doléances des coursiers transalpins.

Le beauvaisien Arnaud Démare lève les bras sur la Via Roma après 300 kilomètres d'une course haletante

Crédits AFP


Côté course, le déroulé de la journée avait été assez classique avec une « longue balade » pour les coureurs du peloton, le long de la Riviera par delà le Passo del Turchino, le point culminant de la course. Car si le parcours n’est pas insurmontable pour des coureurs professionnels, la distance en revanche est bien plus difficile à appréhender. 300 kilomètres sont au programme de Milan-San Remo, l’une des rares courses où les coureurs peuvent apercevoir un panneau "arrivée 250 km" sur leur trajet !

Il faut donc des qualités de résistance et d’endurance non négligeable pour dompter la Primavera ou la Classicissima, surnoms donnés à la course italienne. Des qualités que les coureurs mettent en évidence dans les 50 dernières bornes de l’épreuve en franchissant les célèbres Cipressa et Poggio où se font chaque année la décision.


Aguerri aux courses belges et à l’Enfer de Paris-Roubaix, Démare est de cette trempe de coureurs. Et c’est au pied de la première nommée que le beauvaisien a construit bien malgré lui la polémique qui s’en est suivie. Victime d’une chute à 30 kilomètres de l’arrivée, le sprinteur de la FDJ est repoussé à une trentaine de secondes du peloton. 

La suite, on la connaît. Le coureur beauvaisien rattrape le temps perdu dans la Cipressa en s’attirant la colère de certains collègues mais pas des commissaires. Puis déboule en tête dans les 100 derniers mètres en évitant les écueils d’une dernière ligne droite qui aura notamment vu un accrochage impliquant le champion du monde slovaque Peter Sagan, parti en éclaireur.

La France, muette pendant plus de deux décennies sur les 5 monuments du calendrier cycliste voyait enfin un de ses représentants lever les bras en vainqueur. 3 ans plus tard, Julian Alaphilippe rejoignait Arnaud Demare au palmarès de la Primavera. Sans polémique cette fois.

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Coureur se remémore ses années Beauvaisiennes